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- TABLE DES MATIÈRES
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qui en compte le moins, obligés aussi de préparer nos élèves à tous les
examens. Etcomme nous ne disposons pas des deniers publics, nous ne
sommes arrivés à assurer le service qu'en imposant à chacun de nous une
tâche plus que double de celle qu'il avait assumée à l'origine.
Notre recrutement est, d'autre part, devenu plus difficile. Nous persis-
tons à préférer, en principe, les concours à tout autre mode. Mais les
concours, pour donner de bons résultats, ne doivent pas se suivre à de
trop brefs intervallés; il faut que les candidats aient le temps de s'y pré-
parer. Or il arrive parfois que des vacances se produisent coup sur coup,
sans attendre que de nouvelles recrues soient là pour combler les vides.
C'est ce qui nous est arrivé dans ces derniers temps, et il a fallu surcharger
encore provisoirement ceux qui restaient sur la brèche.
Un concours pour l'agrégation de deux nouveaux suppléants avait été
jugé absolument nécessaire. Il devait avoir lieu dès cette rentrée. Le voilà
ajourné par la force des choses.
Parmi ceux qui devaient y prendre part Raymond Mathely s'était fait
inscrire l'un des premiers. Il avait été notre élève, et nous l'avions déjà vu
figurer avec distinction dans notre concours de 1913; il était un de nos espoirs.
Cet espoir est aujourd'hui brisé. Raymond Mathely a été tué à l'ennemi
dans les combats de la Marne, le 6 septembre, à Puisieux, près de Meaux,
dans sa trentième année. Il avait été nommé sous-lieutenant sur le champ
de bataille. Sur son carnet de notes on a trouvé cette phrase : « C'est en
pensant à mes enfants et à leur mère que j'offre, s'il le faut, à Dieu ma
vie pour le salut et le triomphe de ma patrie. Vive la France ! Ecrit sur la
terre d'Alsace le 18 août 1914. » A cette élévation de sentiments vous
jugerez, comme nous-mêmes, que cette perte est cruelle non pas seule-
ment pour la jeune famille de Mathely, mais aussi pour nous, ses anciens
maîtres, dont il souhaitait devenir le collègue.
L'ajournement d'un concours urgent, ce n'était point assez. Voici que
nous nous trouvons privés, pour un temps impossible à prévoir, de la col-
laboration de huit de nos maîtres, les plus jeunes, ceux auxquels on pou-
vait demander le plus de travail. M. Sauvage est engagé volontaire ;
MM. Lalou, Hébrard, Lemaire, Bour, Caveroc sont mobilisés dans l'infan-
terie; M. Duval-Arnould est capitaine d'artillerie; M. Godefroy est capi-
taine de dragons.
Allons-nous pour cela reconnaître notre impuissance et déposer les
armes? Ce n'est pas le moment. Plus l'effort est dur, plus il est méritoire ;
plus les circonstances sont difficiles, plus il serait lâche de déserter le
poste où vous nous avez placés. Nous nous sentons soutenus par votre
confiance. Nous recevons, de temps à autre, les plus hauts encourage-
ments. L'un de nos maîtres les plus laborieux et les plus estimés, M. Lau-
rent, n'a-t-il pas été honoré, cette année même, de la plus éminente dis-
tinction qu'il nous soit permis de souhaiter : la cravate de commandeur
cTe Saint-Grégoire le Crand:.
Nous nous sommes donc ingéniés, et nous avons pu, grâce à la bonne
volonté et au dévouement de ceux qui restent, établir un modus vivendï
qui en compte le moins, obligés aussi de préparer nos élèves à tous les
examens. Etcomme nous ne disposons pas des deniers publics, nous ne
sommes arrivés à assurer le service qu'en imposant à chacun de nous une
tâche plus que double de celle qu'il avait assumée à l'origine.
Notre recrutement est, d'autre part, devenu plus difficile. Nous persis-
tons à préférer, en principe, les concours à tout autre mode. Mais les
concours, pour donner de bons résultats, ne doivent pas se suivre à de
trop brefs intervallés; il faut que les candidats aient le temps de s'y pré-
parer. Or il arrive parfois que des vacances se produisent coup sur coup,
sans attendre que de nouvelles recrues soient là pour combler les vides.
C'est ce qui nous est arrivé dans ces derniers temps, et il a fallu surcharger
encore provisoirement ceux qui restaient sur la brèche.
Un concours pour l'agrégation de deux nouveaux suppléants avait été
jugé absolument nécessaire. Il devait avoir lieu dès cette rentrée. Le voilà
ajourné par la force des choses.
Parmi ceux qui devaient y prendre part Raymond Mathely s'était fait
inscrire l'un des premiers. Il avait été notre élève, et nous l'avions déjà vu
figurer avec distinction dans notre concours de 1913; il était un de nos espoirs.
Cet espoir est aujourd'hui brisé. Raymond Mathely a été tué à l'ennemi
dans les combats de la Marne, le 6 septembre, à Puisieux, près de Meaux,
dans sa trentième année. Il avait été nommé sous-lieutenant sur le champ
de bataille. Sur son carnet de notes on a trouvé cette phrase : « C'est en
pensant à mes enfants et à leur mère que j'offre, s'il le faut, à Dieu ma
vie pour le salut et le triomphe de ma patrie. Vive la France ! Ecrit sur la
terre d'Alsace le 18 août 1914. » A cette élévation de sentiments vous
jugerez, comme nous-mêmes, que cette perte est cruelle non pas seule-
ment pour la jeune famille de Mathely, mais aussi pour nous, ses anciens
maîtres, dont il souhaitait devenir le collègue.
L'ajournement d'un concours urgent, ce n'était point assez. Voici que
nous nous trouvons privés, pour un temps impossible à prévoir, de la col-
laboration de huit de nos maîtres, les plus jeunes, ceux auxquels on pou-
vait demander le plus de travail. M. Sauvage est engagé volontaire ;
MM. Lalou, Hébrard, Lemaire, Bour, Caveroc sont mobilisés dans l'infan-
terie; M. Duval-Arnould est capitaine d'artillerie; M. Godefroy est capi-
taine de dragons.
Allons-nous pour cela reconnaître notre impuissance et déposer les
armes? Ce n'est pas le moment. Plus l'effort est dur, plus il est méritoire ;
plus les circonstances sont difficiles, plus il serait lâche de déserter le
poste où vous nous avez placés. Nous nous sentons soutenus par votre
confiance. Nous recevons, de temps à autre, les plus hauts encourage-
ments. L'un de nos maîtres les plus laborieux et les plus estimés, M. Lau-
rent, n'a-t-il pas été honoré, cette année même, de la plus éminente dis-
tinction qu'il nous soit permis de souhaiter : la cravate de commandeur
cTe Saint-Grégoire le Crand:.
Nous nous sommes donc ingéniés, et nous avons pu, grâce à la bonne
volonté et au dévouement de ceux qui restent, établir un modus vivendï
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